Nous savons désormais
que l’initiation précoce du traitement antirétroviral, la prophylaxie
pré-exposition et les microbicides vaginaux peuvent avoir un impact sur la
transmission du VIH, a dit Victor de Gruttola, au cours d’une session satellite
du congrès international de l’IAS à Rome. Maintenant, les chercheurs doivent
aller plus loin et non pas seulement établir leur efficacité.
Les études doivent
établir les mécanismes selon lesquels les interventions marchent ou ne marchent
pas dans les diverses communautés. Ils doivent comprendre les caractéristiques
des réseaux sexuels, des comportements sexuels et de l’épidémiologie locale qui
ont tous des conséquences sur cette efficacité. Et les études doivent aussi comparer
l’effet d’une intervention isolée par rapport à un ensemble d’interventions.
D’autres orateurs
pendant le satellite organisé par AVAC et European AIDS Treatment Group, ont
souligné l’importance de la recherche pour identifier les obstacles à
l’implémentation des activités de prévention et du développement des stratégies
pour pouvoir les surmonter.
Victor de Gruttola de
Harvard School of Public Health et Timothy Hallett de l’Imperial College Londres,
ont suggéré qu’il n’y a pas d’intervention isolée, ou même d’interventions
combinées, qui se montre plus efficace, mais que ça dépendra des caractéristiques
des communautés et des épidémies diverses.
Pour chaque
environnement différent, les chercheurs doivent identifier l’ensemble des
activités de prévention qui peuvent contrôler la propagation du VIH. Ils
doivent également établir l’étendue nécessaire de la couverture des programmes.
Timothy Hallett a
présenté certains résultats d’un modèle mathématique élémentaire ayant pour
objectif d’identifier l’impact et le coût du traitement antirétroviral s’il est
offert à 80% des individus à des taux divers de cellules CD4, de la PrEP chez
les jeunes dans des proportions différentes, de la PrEP à une majorité des
individus de tout âge, ou d’une combinaison de ces interventions.
Pour chaque niveau de
dépenses, Hallett a identifié le programme qui aurait le plus d’effet. Au
niveau identifié comme étant le plus bas question dépenses, ce serait le
traitement antirétroviral seul. Si le budget est disponible pour financer plus
que le traitement pour toutes les personnes séropositives, la PrEP pour les jeunes
devrait être offert par les autorités, suivi de la PrEP pour tous les âges.
Mais les résultats de
ce modèle changent si les hypothèses du point de départ changent. Si le coût de
la PrEP est en fait plus bas que les estimations d’Hallett (parce que le prix
des médicaments a baissé) ou si ça coûte en fait plus cher de diagnostiquer
l’infection plus tôt et de traiter les individus plus tôt
(parce que la promotion du dépistage a moins
d’impact qu’on ne l’anticipait ou parce que de nouveaux services médicaux
doivent être mis en place), les stratégies qui se fient beaucoup plus à la PrEP
commenceraient à devenir plus logiques.
Les études de
modélisation doivent également prendre en compte d’autres problèmes. Les
interventions, et les combinaisons d’interventions, auront des taux
d’efficacité différents selon les endroits, dépendants de facteurs locaux
énormément variés que les chercheurs commencent à peine à comprendre.
Par exemple, Victor
de Gruttola a mentionné l’assortiment: la tendance des individus qui ont de
nombreux partenaires sexuels à choisir des partenaires qui ont les mêmes
caractéristiques. Lorsque c’est le cas, les interventions auront moins d’effet.
D’autres facteurs
locaux importants sont le nombre des infections dues aux individus récemment
infectés, la proportion des personnes séronégatives qui connaissent leur
diagnostic et qui sont suivi médicalement et la proportion de personnes
séronégatives qui peuvent faire l’objet d’une intervention. Timothy Hallett a
noté que bien que l’on sache, grâce à l’essai clinique HPTN 052, que
l’initiation précoce du traitement peut réduire de 96% la transmission aux
partenaires stables, cela ne signifie pas qu’un changement aux directives de
traitement entrainera une réduction de 96% dans les nouvelles infections.
Beaucoup trop de gens
apprennent leur diagnostic trop tard pour que ce soit possible. Alors que les
stratégies de traitement précoce dépendent d’un diagnostic précoce, Sheena
McCormack du Medical Research Council a dit qu’un dépistage fréquent du VIH
n’est pas toujours une intervention acceptable.
Les nouvelles études
de modélisation suggèrent que pour atteindre une réduction de 60% dans le
nombre de nouvelles infections grâce au traitement précoce, les test de
dépistage devraient être si fréquents que 60% des individus recevraient leur
diagnostic dès la première année d’infection, 90% des personnes diagnostiquées
devraient être traitées, 87% devraient avoir une charge virale sous contrôle
dans les six mois qui suivent le début du traitement et seulement 1% d’abandon
du traitement.
Quelques
modifications mineures de ces hypothèses très optimistes sont suffisantes pour
éliminer l’impact prévu. D’un autre coté, il est possible qu’une combinaison
d’interventions pourraient être plus résilientes dans des conditions réelles.
Si les ressources
n’étaient pas disponibles pour que le traitement soit accessible à toutes les
personnes en ayant besoin, son impact pourrait être amélioré en donnant la
priorité aux personnes les plus susceptibles de transmettre l’infection.
Sheena McCormack a
déclaré que les prochains essais cliniques de prévention doivent démontrer
qu’il est possible de faire ces interventions dans le cadre des services,
plutôt qu’avec un grand nombre de ressources supplémentaires ou en plaçant des
demandes excessives sur les participants. Les demandes de visites aux
cliniques, de tests de dépistage et de contrôles de laboratoire doivent être
réduites, et les utilisateurs doivent être avisés que la PrEP ne peut être
utilisée qu’aux alentours des rapports sexuels et non pas tous les jours. Ces
mesures réduiront le coût des interventions et augmenteront leur acceptabilité
pour les usagers, a-t-elle dit.
Elle a fait remarqué
que la question clef pour une étude pilote PrEP au Royaume-Uni était si oui ou
non un nombre significatif d’homme gays étaient actuellement prêts à la
prendre.
Des interventions
plus acceptables sont davantage susceptibles d’être utilisées systématiquement
et Sheena McCormack a dit que l’observance est clef pour toutes les
interventions mentionnées : "Tout concerne le comportement,"
a-t-elle dit. Ceci s’applique aussi bien aux utilisateurs de préservatifs
qu’aux personnes utilisant les microbicides, la PrEP ou le traitement
antirétroviral.