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La prise de Combivir pendant quatre jours réduit les risques de résistance à la névirapine pour la prévention de la transmission de la mère à l’enfant
Keith Alcorn, Friday, July 16, 2004
Donner du zidovudine et du lamivudine pendant quatre jours après la naissance de leur enfant aux mères qui ont reçu une seule dose de névirapine pendant l’accouchement réduit les risques de résistance à la névirapine et peut ainsi préserver leurs choix de traitement à l’avenir, une étude sud-africaine a révélée.

On s’inquiétait de plus en plus que la résistance à la névirapine, due à la prise d’une dose unique conçue pour éviter la transmission du virus de la mère a l’enfant, risquait d’entraîner une résistance persistante à la classe entière des Inhibiteurs Non Nucléosidiques de la Transcriptase Inverse (INNTI). Dans les pays en voie de développement, les traitements pour les adultes dépendent des INNTI qui sont moins chers et plus faciles à prendre que les inhibiteurs de protéase.

Les données thailandaises récentes ont particulièrement inquiété; une étude publiée cette semaine dans le “New England Journal of Medicine” a montré que les mères exposées à la névirapine pendant l’accouchement et qui ont commencé à suivre un traitement pour leur propre santé ont une réponse virologique au traitement beaucoup plus médiocre.

James Macintyre a présenté les résultats de l’étude TOPS - Etude de préservation des options de traitement - le jeudi pendant la quinzième Conférence Internationale sur le Sida à Bangkok.

Les chercheurs ont conduit une étude impliquant 300 couples de mères -enfants. L’étude avait trois branches de traitement. Les individus étaient distribués au hasard pour recevoir soit une seule dose de névirapine, soit une seule dose de Névirapine plus quatre jours de Combivir (un comprimé contenant à la fois Zivoduvine/Lamiduvine), soit une seule dose de névirapine plus sept jours de Combivir.

La névirapine a été donnée aux mamans pendant l’accouchement et aux enfants dans les 24-72 heures suivant la naissance. Les mères ont pris le Combivir deux fois pendant l’accouchement et les bébés dès que possible après la naissance.

La résistance maternelle aux Inhibiteurs Non Nucléosidiques de la Transcriptase Inverse (INNTI), et, si appropriée, aux nucléosidiques analogues, a été évaluée deux semaines et six semaines après la naissance en utilisant les tests génotypiques de résistance. La transmission de VIH de la mère à l’enfant a été déterminée en utilisant les tests ADN ou ARN VIH deux semaines et six semaines après la naissance.

Les chercheurs ont présenté les données pour les 61 premières mères avec six semaines de suivi et les tests de résistance. Au début de l’étude, le taux moyen des cellules CD4 était de 318 cellules/mm3 et le taux moyen de la charge virale était de 32600 copies/mm3. Toutes les mères étaient séropositives, sous-type C.

Les tests de résistance à deux semaines et à six semaines ont montré que neuf des 18 femmes (50%) randomisées pour recevoir une seule dose de Névirapine avaient une résistance aux INNTI, par rapport à seulement une des 20 (5%) femmes randomisées pour recevoir une seule dose de Névirapine plus quatre jours de Combivir, et trois de 23 femmes (13%) traitées avec une seule dose de Névirapine et sept jours de Combivir.

Les quatre jours de Combivir réduisent le risque de résistance par cinq par rapport à la névirapine seule. Cependant Prof. Hoosen Coovadia a prévenu, dans sa réponse à un membre du public, “qu’il faut faire attention lorsque nous exprimons très tôt des données en pourcentage, concernant seulement 20 patients, car ce sera utilisé dans les journaux pour en tirer des conclusions erronées.

Les mutations les plus communes, conférant une résistance aux INNTI, étaient K103N (8 fois), Y181C (sept fois), A190G (5 femmes), Y188C (quatre individus), V106A (détectée chez 3 femmes) et V106M (aussi observée chez trois femmes). Aucune mutation conférant une résistance aux INTI n’a été observée.

Il y a eu 68 naissances en tout, et parmis celles-ci, quatre enfants ont été infectés dans la matrice. De plus, un bébé a été infecté pendant ou après la naissance.

Aucun effet secondaire grave lié au traitement n’a été observé chez les mères ou leurs enfants.

Dr Macintyre a mis en garde contre la sur-interprétation de ces résultats - ils ne doivent pas signaler la fin des programmes à la névirapine seule, a-t-il dit.

“Nous devons être très prudent et faire attention à ce que nous disons sur la névirapine jusqu’à ce que nous ayons plus d’informations grâce aux études, car nous avons peu de choix disponibles”

Il se rapportait en particulier à la décision du Conseil de Surveillance Médicale de l’Afrique du Sud, de changer l’étiquettage de la névirapine en Afrique du Sud, pour mettre en garde sur le fait que la névirapine n’est plus recommandée pour l’utilisation unique dans la prévention de la transmission de la mère à l’enfant, à cause du risque de résistance, une décision qui a causé beaucoup de controversie pendant la Conférence Internationale sur le Sida.

Tim Farley de l’OMS a annoncé à la conférence qu’il fournirait un guide technique sur les conséquences de ces nouvelles données dès que possible, mais que c’était une erreur de considérer cette situation comme une urgence, comme certains délégués le désiraient.

Cependant, une deuxième étude sud-africaine, conduite par Dr Lynn Morris et ses collègues de l’Institut National des Maladies Transmissibles de Johannesburg, et présentée à la Onzième Conférence sur les Rétrovirus et les Infections Opportunistes à San Francisco en février 2004, a montré que 14% des mères avaient touours des mutations résistantes associées au traitement à la névirapine six mois après l’accouchement (par rapport à 38% après 6 semaines). Cette étude qui a recruté 623 femmes dans deux grands centres en Afrique du Sud, a rapporté les résultats des 157 tests de résistance fait à 6 mois et continuera d’accumuler les données pendant les 24 mois de suivi. Elle examinera les conséquences du traitement à la Névirapine sur: la réponse au traitement, la réponse à la Névirapine au cours d’une deuxième grossesse, et la transmission d’un virus résistant aux partenaires sexuels.

Référence

McIntyre J et al. Addition of short course Combivir to single dose Viramune for prevention of mother-to-child transmission of HIV-1 can significantly decrease the subsequent development of maternal NNRTI-resistant virus. Fifteenth International AIDS Conference, Bangkok, late breaker abstract LbOrB09, 2004.