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Les thérapies antirétrovirales seules sont insuffisantes dans le traitement du sarcome de Kaposi modéré à sévère
Selon des chercheurs espagnols signataires d’une lettre publiée dans la dernière édition de la revue AIDS, les personnes ayant un sarcome de Kaposi (SK) modéré ou avancé obtiennent des taux de rémission partielle ou complète des lésions de SK, bien plus élevés quand leurs traitements antirétroviraux sont associés à la doxorubicine liposomale pégylée (Caelyx), molécule utilisée en chimiothérapie, que quand ils prennent leurs antirétroviraux seuls. L’étude menée par ces chercheurs est la première à avoir été randomisée pour évaluer les effets directs des thérapies antirétrovirales sur la régression du SK lié au VIH, et suggère, contrairement à de précédentes études, que prises seules, ces thérapies ne sont pas suffisantes pour traiter les lésions de SK modérées ou avancées.
Ving-huit personnes, en majorité des hommes homosexuels âgés en moyenne de 40 ans, avec un nombre de CD4 moyen de 97/mm3 et une charge virale moyenne de 39,800 copies/ml, ont été randomisés pour recevoir l’une des deux stratégies thérapeutiques de l’étude. Tous avaient au moins dix lésions cutanées, muqueuses ou viscérales de SK, et ceux dont les lésions mettaient leur vie en danger ont été exclus de l’étude. La seule différence statistique observée entre les deux groupes de l’étude concerne la prévalence des maladies opportunistes antérieures au SK, plus élevée dans le groupe antirétroviraux/Caelyx.
Au bout de 48 semaines, une rémission complète ou partielle a été observée chez 10 des 13 patients (76 %) sous antirétroviraux et Caelyx, et chez 3 patients (20 %) sous antirétroviraux seuls (dans chacun des groupes, 2 patients ont été perdus de vus). Dans une analyse multivariée, l’utilisation de Caelyx s’est avérée comme étant le facteur déterminant de la réponse au traitement (Odds ratio = 27,95 % ; intervalle de confiance –IC- : 2.3 – 307 ; p = 0.008).
De plus, dix des patients recevant seulement des antirétroviraux ont dû être traités par Caelyx, en raison de l’évolution clinique de leur SK. Chez sept d’entre eux, l’évolution des tumeurs s’est produite au cours des trois premiers mois d’antirétroviraux, préalablement à une augmentation des CD4. Cependant, chez deux autres, une évolution tardive a été constatée après que les antirétroviraux ont réduit la charge virale et fait augmenter les CD4, les chercheurs admettant que ce phénomène peut être une conséquence d’un syndrome de restauration immunitaire.
Au total, 23 patients ont reçu au moins un cycle de 20mg/m2 de Caelyx administré en trois doses hebdomadaires, à savoir 13 dans le groupe antirétroviraux/Caelyx et 10 dans le groupe antirétroviraux seuls. Un tiers des patients a subi au moins un des effets adverses connus des traitements, les plus fréquents étant l’anémie et la neutropénie. Tous ces évènements ont toutefois été modérés, et les traitements n’ont pas été interrompus, bien que 3 patients aient nécessité des réductions des doses de Caelyx. Deux patients prenant du Caelyx sont morts en cours d’étude, mais leurs médecins n’attribuent leur décès ni au médicament ni au SK.
Bien que des études antérieures aient montré que les thérapies antirétrovirales seules étaient suffisantes pour améliorer les symptômes du sarcome de Kaposi, les auteurs de cette dernière étude soulignent que « la plupart d’entre elles avaient inclus peu de patients, sans randomisation, avec des SK moins avancés, comprenant aussi bien ceux qui étaient traités seulement pour un SK, que ceux qui recevaient un traitement pour un SK, parallèlement à un traitement anti-VIH. »
Les auteurs concluent que « bien que les thérapies antirétrovirales seules puissent être suffisantes pour les patients ayant un SK peu développé, des taux supérieurs de réponse thérapeutique sont observés quand Caelyx est associé aux antirétroviraux, dans les sarcomes de Kaposi modérés à sévères. »
Références
Martin-Carbonero L et al. Pegylated liposomal doxorubicin plus highly active antiretroviral therapy verus highly active antiretroviral therapy alone in HIV patients with Kaposi's sarcoma. AIDS 18: 1737-1739, 2004.
Ving-huit personnes, en majorité des hommes homosexuels âgés en moyenne de 40 ans, avec un nombre de CD4 moyen de 97/mm3 et une charge virale moyenne de 39,800 copies/ml, ont été randomisés pour recevoir l’une des deux stratégies thérapeutiques de l’étude. Tous avaient au moins dix lésions cutanées, muqueuses ou viscérales de SK, et ceux dont les lésions mettaient leur vie en danger ont été exclus de l’étude. La seule différence statistique observée entre les deux groupes de l’étude concerne la prévalence des maladies opportunistes antérieures au SK, plus élevée dans le groupe antirétroviraux/Caelyx.
Au bout de 48 semaines, une rémission complète ou partielle a été observée chez 10 des 13 patients (76 %) sous antirétroviraux et Caelyx, et chez 3 patients (20 %) sous antirétroviraux seuls (dans chacun des groupes, 2 patients ont été perdus de vus). Dans une analyse multivariée, l’utilisation de Caelyx s’est avérée comme étant le facteur déterminant de la réponse au traitement (Odds ratio = 27,95 % ; intervalle de confiance –IC- : 2.3 – 307 ; p = 0.008).
De plus, dix des patients recevant seulement des antirétroviraux ont dû être traités par Caelyx, en raison de l’évolution clinique de leur SK. Chez sept d’entre eux, l’évolution des tumeurs s’est produite au cours des trois premiers mois d’antirétroviraux, préalablement à une augmentation des CD4. Cependant, chez deux autres, une évolution tardive a été constatée après que les antirétroviraux ont réduit la charge virale et fait augmenter les CD4, les chercheurs admettant que ce phénomène peut être une conséquence d’un syndrome de restauration immunitaire.
Au total, 23 patients ont reçu au moins un cycle de 20mg/m2 de Caelyx administré en trois doses hebdomadaires, à savoir 13 dans le groupe antirétroviraux/Caelyx et 10 dans le groupe antirétroviraux seuls. Un tiers des patients a subi au moins un des effets adverses connus des traitements, les plus fréquents étant l’anémie et la neutropénie. Tous ces évènements ont toutefois été modérés, et les traitements n’ont pas été interrompus, bien que 3 patients aient nécessité des réductions des doses de Caelyx. Deux patients prenant du Caelyx sont morts en cours d’étude, mais leurs médecins n’attribuent leur décès ni au médicament ni au SK.
Bien que des études antérieures aient montré que les thérapies antirétrovirales seules étaient suffisantes pour améliorer les symptômes du sarcome de Kaposi, les auteurs de cette dernière étude soulignent que « la plupart d’entre elles avaient inclus peu de patients, sans randomisation, avec des SK moins avancés, comprenant aussi bien ceux qui étaient traités seulement pour un SK, que ceux qui recevaient un traitement pour un SK, parallèlement à un traitement anti-VIH. »
Les auteurs concluent que « bien que les thérapies antirétrovirales seules puissent être suffisantes pour les patients ayant un SK peu développé, des taux supérieurs de réponse thérapeutique sont observés quand Caelyx est associé aux antirétroviraux, dans les sarcomes de Kaposi modérés à sévères. »
Références
Martin-Carbonero L et al. Pegylated liposomal doxorubicin plus highly active antiretroviral therapy verus highly active antiretroviral therapy alone in HIV patients with Kaposi's sarcoma. AIDS 18: 1737-1739, 2004.
