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L’hépatite C
   Last updated: 21.10.05
 
Le virus de l’hépatite C (VHC) a été identifié pour la première fois en 1989. Il peut affecter le foie et le système lymphatique. Il n’a aucun rapport avec le VHB, malgré des symptômes similaires.

On estime qu’au moins 500.000 personnes sont infectées par le VHC au Royaume-Uni.


La transmission
L’hépatite C est transmise par le sang. Le partage de matériel d’injection est le mode de transmission le plus courant au Royaume-Uni.

Beaucoup de personnes ont été contaminées par des produits sanguins, avant la mise en place du dépistage et de la stérilisation systématiques de ces derniers.

La transmission par voie sexuelle de l’hépatite C est un sujet à controverse. Autrefois, on croyait qu’elle était très rare. Mais le nombre de cas récemment signalés d’hommes gay contaminés par l’hépatite C est en augmentation : la plupart d’entre eux sont séropositifs et ont signalé n’avoir eu que des rapports sexuels non protégés comme activité à risque.
Le fist-fucking et toutes les autres pratiques sexuelles au cours desquelles il y peut y avoir des contacts avec le sang peuvent augmenter les risques de contamination par le VHC.

Le partage d’articles de toilette pouvant être souillés par de petites quantités de sang (rasoirs, brosses à dents, ciseaux à ongles…) doit être évité.

La transmission du VHC de la mère à l’enfant est considérée comme plutôt rare, mais sa probabilité augmente lorsque la mère est également infectée par le VIH. Une charge virale élevée d’hépatite C augmente elle aussi le risque de transmission du VHC de la mère à l’enfant. De même que pour le VIH, la césarienne réduit ce risque.

Certaines études ont permis de constater un risque de transmission du VHC par l’allaitement maternel, mais leurs résultats ne sont pas concluants. Au Royaume-Uni et dans les autres pays où il existe des alternatives sûres, il est recommandé aux mères séropositives de ne jamais allaiter leurs enfants au sein.


Les symptômes
Moins de 5 % des personnes infectées par le VHC ont des symptômes dès leur contamination. Quand ils se produisent, ces symptômes peuvent être une jaunisse, des diarrhées et des nausées.

C’est plus tard que la plupart des personnes infectées par l’hépatite C auront des symptômes, les plus courants étant une sensation de malaise général, une très grande fatigue, une perte de poids, une intolérance à l’alcool et aux graisses, et de la dépression.


L’évolution de la maladie
Peu de personnes infectées par le VHC se débarrassent de ce virus naturellement. Environ 85 % des personnes infectées développent une hépatite C chronique.

Le tableau clinique de la maladie varie d’une personne à l’autre. Certaines personnes n’ont jamais de symptômes, mais environ un tiers des patients développent une maladie grave du foie après 15 à 25 ans d’infection.

La gravité de la maladie peut dépendre de la souche infectante de VHC, et de l’intensité avec laquelle l’organisme se défend contre l’infection. On estime que l’hépatite C peut entraîner une cirrhose du foie en 30 à 40 ans. Mais il semble que les hommes, les personnes qui boivent de l’alcool, les personnes âgées et les personnes séropositives soient exposés à une évolution plus rapide de la maladie.


La cirrhose
La cirrhose provoque des lésions définitives du foie qui empêchent à ce dernier de fonctionner correctement. Ce dysfonctionnement est très grave et peut entraîner une jaunisse, des hémorragies internes et un gonflement de l’abdomen.

Le cancer du foie
L’hépatite B et l’hépatite C chroniques augmentent considérablement les risques de cancer du foie.

Lorsqu’elle est provoquée par une hépatite C, la cirrhose a de fortes chances d’entraîner un cancer du foie, surtout si le malade consomme beaucoup d’alcool. Le tabagisme serait lui aussi un facteur d’accélération de la cirrhose et d’augmentation du risque de cancer du foie.

Le cancer du foie est difficile à traiter et la chirurgie est souvent la seule option (ablation d’une partie du foie). Si les petites tumeurs peuvent être enlevées, le risque d’apparition de nouvelles tumeurs sur une période de cinq ans est élevé. La chimiothérapie n’a jamais prouvé qu’elle est bénéfique par rapport au cancer du foie.


Le diagnostic et la surveillance de l’hépatite C
Il existe un test sanguin qui permet de savoir si on a été exposé à l’hépatite C et si on a développé des anticorps au virus. La British HIV Association recommande aux personnes séropositives de se faire tester pour l’hépatite C au moins une fois dans leur suivi médical, et de renouveler ce test après chaque prise de risque.

Un autre test existe pour mesurer la charge virale de l’hépatite C (PCR). Il permet de vérifier que le patient fait partie de ce petit nombre de personnes qui se débarrassent du virus naturellement. Contrairement au test de charge virale du VIH, une charge virale d’hépatite C n’indique pas le meilleur moment pour commencer un traitement. En revanche, elle peut être utilisée pour déterminer la durée de ce traitement. Un patient qui a une charge virale d’hépatite C très élevée (plus de 2 millions de copies/ml) peut devoir prolonger son traitement.

Des tests capables de mesurer les quantités d’enzymes produits par le foie (ou tests de fonctionnalité du foie) peuvent indiquer si oui ou non l’hépatite C a endommagé celui-ci. Il arrive cependant que certaines personnes qui ont une hépatite C aient des tests de fonctionnalité normaux, en dépit de lésions importantes du foie.

En cas de difficulté à déterminer l’importance des lésions du foie, on peut procéder à une biopsie. Celle-ci consiste à prélever un petit morceau du foie à l’aide d’une aiguille aspirative, afin de le faire examiner au microscope et de repérer les signes de lésions.

Les biopsies du foie peuvent aussi aider à prendre des décisions concernant le traitement de l’hépatite C le plus approprié et la durée de ce traitement. Elles peuvent cependant être pénibles et provoquer des hémorragies.

Lorsqu’une biopsie s’avère indispensable pour une personne hémophile, une supplémentation en Facteur VIII et en Facteur IX lui est administrée, avant et après l’examen. Certaines personnes hémophiles pourraient cependant ne jamais être en mesure de subir des biopsies en raison de leurs trop grandes carences en facteurs de coagulation.

Tous ces problèmes ont amené les médecins à étudier l’utilisation de tests sanguins différents qui, interprétés en même temps, peuvent donner une idée assez précise de l’état et de la fonctionnalité du foie, plutôt que d’avoir recours aux biopsies.


Les effets du VIH sur l’hépatite C
Ces dernières années, plusieurs études ont confirmé que la co-infection par le VIH et le VHC est un facteur d’évolution plus rapide des lésions du foie. Même si leur nombre de CD4 est élevé, les personnes co-infectées semblent être plus susceptibles de développer ces lésions que les personnes seulement infectées par le VHC. Chez les personnes co-infectées dont l’infection à VIH est à un stade avancé, on trouve des lésions du foie plus graves.

Les effets de l’hépatite C sur le VIH
Dans les pays comme le Royaume-Uni, où les multithérapies antirétrovirales sont disponibles et où les personnes séropositives vivent plus longtemps, les problèmes hépatiques sont devenus une des causes principales d’hospitalisation et de décès chez ces personnes.
Ceci est une conséquence de l’hépatite B et de l’hépatite C.
L’hépatite C ne semble pas avoir d’influence significative sur le pronostic de l’infection à VIH ni affaiblir la réponse aux antirétroviraux.


Multithérapies anti-VIH et hépatite C
L’utilisation de multithérapies anti-VIH est sûre et efficace chez les personnes co-infectées. Les risques d’effets secondaires de ces médicaments au niveau du foie sont toutefois plus élevés.

Vous et votre médecin devrez garder cette information à l’esprit en discutant ensemble des antirétroviraux à prendre. Par ailleurs, un suivi de près vous est fortement recommandé dès le début de votre traitement.
Pour les personnes co-infectées, la décision de commencer un traitement anti-VIH repose sur le nombre de CD4 et sur la charge virale, exactement comme chez les personnes qui ont seulement le VIH.

Les personnes co-infectées seraient plus exposées à certains des troubles métaboliques provoqués par les médicaments anti-VIH, tels que la résistance à l’insuline et le diabète.

Une fois commencé leur traitement anti-VIH, certaines personnes co-infectées montrent une augmentation des CD4 moins forte que celles qui n’ont pas d’hépatite C.


Les traitements de l’hépatite C chez les personne séropositives
Il existe des traitements de l’hépatite C.

La British HIV Association recommande que les personnes sur le point de commencer un de ces traitements soient examinées par des médecins spécialisés dans le traitement de la co-infection.

Avant de commencer ce traitement, il est important de faire un test qui permet de savoir quelle souche (ou génotype) de VHC est en cause, cette information permettant de prédire la réponse au traitement.

Il existe au moins six génotypes d’hépatite C. Le type 1 est le plus courant au Royaume-Uni et en Europe. Malheureusement, les traitements anti-hépatite C actuellement disponibles sont moins efficaces contre le type 1.

A la différence des traitements anti-VIH, le traitement de l’hépatite C n’est pas à prendre à vie. Il se prend en cures de 24 ou 48 semaines, et sa durée dépend du génotype avec lequel la personne est infectée et de l’intensité de la réponse au traitement.
Un test pratiqué après 12 semaines permet de prédire une non réponse au traitement.

Trois médicaments antiviraux sont actuellement disponibles pour le traitement de l’hépatite C. Il s’agit de l’interféron alpha, de l’interféron sous sa forme pégylée (ou peg-interféron) et de la ribavirine.

L’interféron alpha et l’interféron pégylé peuvent être employés seuls ou associés à la ribavirine. La ribavirine ne doit jamais être utilisée seule dans le traitement de l’hépatite C.

L’association de l’interféron pégylé à la ribavirine est en train de devenir le traitement standard, dans la mesure où il semble donner de meilleurs résultats que les autres. Il fait d’ailleurs partie des soins standard recommandés par la British HIV Association.



Les objectifs du traitement de l’hépatite C
Chez les personnes qui ont un nombre de CD4 supérieur à 200, l’objectif du traitement doit être d’éradiquer l’hépatite C. Si 50 à 80 % des individus non infectés par le VIH répondent au traitement par peg-interféron et ribavirine, ce taux de réponse est bien plus faible chez les personnes co-infectées par le VIH et le VHC.

Si cet objectif d’éradication n’est pas atteint, le traitement doit au moins permettre de normaliser le fonctionnement du foie, de réduire l’inflammation causée par le VHC et de prévenir des lésions plus graves du foie.

En cas de stade très avancé de l’infection par le VIH, l’objectif du traitement de l’hépatite C sera d’améliorer la tolérance aux médicaments antirétroviraux et le fonctionnement du foie, réduire les risques de décès dûs aux problèmes hépatiques et améliorer la qualité de vie.


Les effets secondaires du traitement de l’hépatite C
Les effets secondaires du traitement de l’hépatite C peuvent être très importants, même s’ils ont tendance à diminuer au cours du traitement. Ils comprennent de fortes fièvres, des douleurs articulaires, une perte de poids, des nausées et de la dépression. La dépression est particulièrement fréquente chez les personnes qui prennent de l’interféron alpha ou pégylé, au point que les médecins sont souvent amenés à leur prescrire des antidépresseurs.

Les autres principaux effets secondaires de l’interféron alpha sont des anomalies du sang, telles que la baisse du nombre de globules blancs (neutropénie) et/ou de plaquettes (thrombocytopénie).

Il est recommandé de ne pas prendre de la ribavirine quand on prend de la ddI, du d4T ou du tenofovir contre le VIH, en raison du risque élevé d’effets secondaires très graves comme la pancréatite et l’acidose lactique.


Quelle infection traiter en priorité : le VIH ou l’hépatite C ?
La British HIV Association recommande de traiter en priorité l’infection qui représente le danger le plus immédiat pour la santé.

Les médecins doivent proposer à ceux de leurs patients qui ont un nombre suffisant de CD4 et qui ne sont pas malades à cause du VIH, de commencer un traitement anti-hépatite C avant un traitement anti-VIH.

Pour les personnes dont le nombre de CD4 est en-dessous des 200 ou en décroissance rapide, ou qui développent une maladie due au VIH, la priorité doit être donnée au traitement anti-VIH.


Les médicaments anti-hépatite C en développement
Beaucoup de médecins sont optimistes quant à la future disponibilité de médicaments anti-hépatite C bien plus efficaces, qu’il s’agisse d’inhibiteurs de protéase du VHC et d’une nouvelle forme d’interféron appelée interféron-tau. Il se peut toutefois que ces produits soient disponibles dans plusieurs années.

Il peut être proposé aux personnes sur le point de commencer un traitement anti-hépatite C de participer à une étude clinique. Cela signifie que ces personnes devront subir des examens plus fréquents et qu’elles recevront peut-être les traitements les plus récents.