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L’hépatite B
Le virus de l’hépatite B (VHB) peut provoquer des lésions très graves du foie qui sont parfois fatales.
Le VHB est un virus très répandu dans le monde, en particulier en Afrique et dans le sous-continent indien. Dans certains centres de soins du VIH à Londres, au moins 6 % des hommes homosexuels sont infectés à la fois par l’hépatite B et par le VIH (co-infectés). Le virus de l’hépatite B est aussi très répandu chez les personnes qui ont partagé du matériel d’injection.
La transmission
La raison pour laquelle tant de personnes vivant avec le VIH ont également l’hépatite B, c’est que le VHB se transmet pratiquement de la même manière que le VIH, en particulier lors de contacts avec le sang, le sperme et les sécrétions vaginales, et de la mère à l’enfant.
L’hépatite B est beaucoup plus transmissible que le VIH. Elle peut même se transmettre par la salive.
Dans les pays riches comme le Royaume-Uni, l’hépatite B a principalement touché les hommes homosexuels et bisexuels, les usagers de drogues par voie intraveineuse et les hémophiles. Le nombre de cas dans les populations africaine et indienne est en augmentation.
Il est très important que les personnes vivant avec le VIH soient vaccinées contre l’hépatite B. L’utilisation de préservatifs pour les pénétrations anales, vaginales, ou pour les rapports bucco-génitaux, réduit les risques de transmission du VHB par voie sexuelle. De même faut-il éviter de partager des aiguilles ou tout autre matériel d’injection.
Au Royaume-Uni, les produits sanguins font l’objet d’un dépistage systématique de l’hépatite B.
Les symptômes
La plupart des adultes qui ont une hépatite B ne présentent aucun symptôme, et il n’est pas rare que l’infection ne soit détectée que lors d’examens sanguins de routine. Des symptômes peuvent toutefois apparaître sitôt après la contamination : jaunissement de la peau et du blanc des yeux (jaunisse), perte d’appétit, douleurs abdominales, nausées et vomissements, fièvre, douleurs articulaires et musculaires, sensation de malaise général.
Ces symptômes peuvent être très graves et, dans des cas très rares, entraîner la mort.
Les stades de l’infection
Il existe quatre stades de l’infection par le VHB.
- Tolérance immunitaire – à ce stade, le VHB peut se reproduire librement dans l’organisme, même s’il ne provoque aucun symptôme. Ce stade peut durer plusieurs semaines chez les adultes et plusieurs années chez les jeunes enfants, à partir de leur contamination.
- Réponse immunitaire – à ce stade, les défenses naturelles de l’organisme (le système immunitaire) attaquent les cellules du foie infectées par le VHB, commençant ainsi à éliminer le virus de l’organisme. Chez certaines personnes qui viennent d’être contaminées, ce stade dure quelques semaines maximum. En revanche, chez les personnes dont le système immunitaire n’arrive pas à éliminer le virus, il peut se prolonger plusieurs années, avec beaucoup de symptômes.
- Clairance virale – souvent appelée « séroconversion » parce que l’organisme produit des anticorps en réponse à une substance présente à la surface du VHB, appelée antigène « e ». A ce stade, le VHB arrête de se reproduire.
- Immunité de l’hépatite B – c’est le moment où le système immunitaire produit une réponse complète d’anticorps anti-VHB et élimine ce dernier de l’organisme. Habituellement, le matériel génétique du VHB (ADN) disparaît de l’organisme.
Si les deux derniers stades évoqués ci-dessus ne se présentent pas, cela signifie que les personnes contaminées par le VHB auront une infection tenace et des lésions du foie.
La surveillance de l’hépatite B
Certains tests permettent de vérifier si vous êtes infecté par l’hépatite B, ou si vous avez été infecté puis réussi à éliminer l’infection. Si ces tests permettent de détecter des particules de VHB (appelées antigènes de surface) dans votre sang pendant plus de six mois, cela signifie que vous êtes porteur de ce que l’on appelle une hépatite B chronique et potentiellement contagieux vis à vis d’autres personnes.
Avoir des « antigènes e » signifie avoir une forte réplication de l’hépatite B et une probabilité plus élevée de contagiosité.
Ne plus avoir d’antigènes en ayant des anticorps, six mois après la contamination, signifie que le système immunitaire a éliminé l’hépatite B.
Les personnes qui ont une hépatite B doivent subir des tests de fonctionnalité du foie régulièrement. Ces tests mesurent les quantités de certaines protéines et de certains enzymes qui indiquent comment le foie fonctionne. Ils devraient être faits au moins tous les six mois.
Les examens par ultra-sons sont également employés pour surveiller le foie, en particulier lorsque celui-ci a subi des lésions. Dans certains cas, il est nécessaire de procéder à une biopsie, celle-ci consistant à prélever un minuscule morceau du foie à l’aide d’une aiguille aspirative, pour ensuite l’examiner au microscope.
Les traitements
Il existe des traitements pour les personnes qui ne parviennent pas à éliminer l’hépatite B de leur organisme. Trois médicaments indiqués dans ces traitements sont actuellement disponibles au Royaume-Uni : l’alpha interféron, le 3TC (lamivudine, ou Epivir) – également prescrit dans le traitement du VIH - et l’adefovir (Prévéon).
Le traitement de l’hépatite B a pour objectif de contrôler l’inflammation du foie, de réduire la quantité d’ADN de VHB et, idéalement, d’éradiquer les antigènes du VHB, tout en produisant des anticorps capables de réduire le risque d’évolution de la maladie vers la cirrhose et les lésions du foie.
Ces traitements parviennent à éradiquer le VHB chez environ un tiers des personnes infectées par ce seul virus (mono-infectées).
L’alpha interféron
L’alpha interféron est administré en injections, à raison de trois fois par semaine pendant quatre mois (protocole usuel). Il contribue à la clairance de l’hépatite B détectable chez environ 20 à 40 % des personnes mono-infectées. Il est toutefois moins efficace chez les hommes, chez les personnes infectées depuis longtemps, chez celles qui ont de grandes quantités d’ADN de VHB dans l’organisme et chez celles qui sont également infectées par le VIH.
L’alpha interféron peut avoir des effets secondaires pénibles comme des symptômes similaires à ceux de la grippe, des douleurs, de la dépression et une suppression de la moelle osseuse.
Le 3TC
Le 3TC est surtout connu en tant que traitement du VIH, mais il est également efficace dans le traitement de l’hépatite B. La dose de 3TC dans le traitement de l’hépatite B est de 100 mg par voie orale, une fois par jour. Cette dose est plus faible que les 150 mg à prendre deux fois par jour, quand le produit est compris dans un traitement anti-VIH. Le 3TC ne doit jamais être pris en monothérapie (un seul médicament) par les personnes co-infectées par le VHB et le VIH. En effet, cette monothérapie pourrait avoir pour conséquence l’apparition de résistances du VIH au 3TC.
Le 3TC permet d’obtenir une clairance du VHB chez environ 20 – 30 % des patients. Concernant les autres patients, on ne sait pas précisément combien de temps le 3TC doit être pris pour montrer une efficacité : des données existent sur son usage pendant un an ou deux, mais il est possible qu’il soit nécessaire de le prendre à vie
L’adefovir
L’adefovir (Hespera) a récemment obtenu son autorisation de mise sur le marché pour le traitement de l’hépatite B en Europe et aux USA. Sa dose standard est de 10 mg et il a montré une efficacité contre le VHB résistant au 3TC. Ses effets secondaires sont des migraines, des douleurs abdominales, des nausées et des diarrhées. L’adefovir a été testé contre le VIH aux doses de 60 et 120 mg, mais il n’a pas été autorisé pour cette indication, les risques de problèmes rénaux étant trop élevés à ces doses.
Hépatite B et VIH
Autrefois, l’hépatite B n’était pas considérée comme un facteur d’accélération ou d’intensification de l’infection par le VIH. Mais les maladies du foie dues aux hépatites B ou C se sont révélées comme étant des causes très importantes de morbidité et de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH, depuis que les multithérapies antirétrovirales ont contribué à l’allongement et à l’amélioration de la vie.
Multithérapies anti-VIH et hépatite B
Les multithérapies anti-VIH sont sûres et efficaces en présence d’une hépatite B.
Il arrive cependant que certaines personnes co-infectées par le VIH et par l’hépatite B aient une forte poussée d’hépatite B en commençant une multithérapie anti-VIH. Ce phénomène temporaire est une conséquence de la reconstitution du système immunitaire déclenchée par les multithérapies anti-VIH. En effet, lorsque ce dernier se met à répondre de manière plus soutenue à certaines infections comme l’hépatite B, il peut aussi les réactiver.
Pour prévenir ces réactivations, beaucoup de médecins recommandent aux personnes sur le point de débuter un traitement anti-VIH, et qui ont aussi une hépatite B chronique, de débuter un traitement anti-VHB simultanément.
Les personnes infectées par le VHB semblent être plus exposées que d’autres à l’augmentation des enzymes du foie provoquée par certains médicaments anti-VIH. Les médicaments particulièrement associés à des effets secondaires au niveau du foie sont le ritonavir, l’indinavir, la névirapine, l’AZT et la ddI, et aussi ceux qui sont utilisés pour traiter certaines infections auxquelles les personnes séropositives sont vulnérables (pentamidine, antibiotiques dérivés du souffre, kétaconazole…).
Les traitements de l’hépatite B chez les personnes séropositives
La British HIV Association, organisme qui émet des recommandations de traitement du VIH, indique que si une personne infectée par le VHB prend des médicaments contre le VIH, ces derniers doivent comprendre un médicament qui a aussi une efficacité contre l’hépatite B. Il s’agit du 3TC et du tenofovir. Certains médecins considèrent qu’un traitement anti-VIH comprenant du 3TC et du tenofovir peut être très efficace à la fois contre le VIH et contre l’hépatite B. Des études évaluant cette double efficacité sont en cours.
Le FTC (emtricitabine) est un autre médicament anti-VIH qui a montré une certaine efficacité contre l’hépatite B. Il a récemment obtenu son autorisation de mise sur le marché au Royaume-Uni.
Il est fortement déconseillé d’utiliser des médicaments anti-VIH pour traiter l’hépatite B, quand l’infection à VIH ne nécessite pas d’être traitée (pour ne pas prendre le risque que le VIH devienne résistant à ces produits). Pour traiter le VHB dans ce contexte, il est préférable de prendre de l’alpha interféron ou de l’adefovir.
