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L’infectiosité

Fiche info révisée en janvier 2009

Si vous êtes séropositif(ve), vous pouvez passer le VIH à quelqu’un d’autre. Le VIH est présent en quantité suffisante pour être infectieux dans le sang, le sperme et les sécrétions vaginales. Si une de ces substances pénètrent dans l’organisme d’une autre personne, soit directement dans le sang, ou par l’intermédiaire de rapports sexuels non protégés avec pénétration anale ou vaginale, ou très rarement orale, la transmission du VIH peut se produire.

La transmission du VIH ne se produit pas toujours lorsque qu’une personne séronégative est exposée au VIH. Plusieurs facteurs influencent les risques de transmission, dont :

  • La charge virale de la personne infectée
  • Le type d’exposition au VIH. Le partage du matériel d’injection de drogue pose le plus grand risque. Les rapports sexuels avec pénétration anale paraissent être plus risqués que les rapports sexuels vaginaux. Un petit nombre d’infections sont dues aux pratiques sexuelles orales (fellation). Ejaculer dans la bouche et avoir des abrasions ou lésions dans la bouche, par exemple des gencives qui saignent, augmentent le risque de transmission de la fellation. Il n’y a eu aucun rapport de transmission du VIH due au cunnilingus.
  • La présence d’autres infections sexuellement transmissibles. Elles peuvent accroitre la charge virale présente dans les sécrétions sexuelles des personnes séropositives. Elles peuvent également provoquer des inflammations ou des ulcères sur les organes sexuels de la personne séronégative, facilitant ainsi l’entrée du VIH dans l’organisme.
  • Les facteurs génétiques.

La charge virale élevée et l’infectiosité

L’infectiosité d’une personne séropositive est directement liée à sa charge virale.

Certaines études suggèrent que près de 50% des nouvelles transmissions du VIH sont attribuables aux personnes qui ont été infectées au VIH très récemment. La charge virale pendant les premières semaines de l’infection (la primo-infection) est très élevée et le risque de transmission du virus est donc particulièrement élevé pendant cette période.

Les individus qui ont le VIH depuis longtemps et qui sont malades ont également une charge virale élevée et sont donc plus infectieux.

Les femmes séropositives enceintes dont la charge virale est élevée sont plus susceptibles de transmettre le VIH à leur bébé que les femmes dont la charge virale est basse.

Les effets du traitement anti-VIH

Le traitement anti-VIH réduit la quantité de VIH présent dans l’organisme. Le but du traitement est d’avoir une charge virale indétectable dans le sang, mais le traitement anti-VIH réduit également le taux de VIH dans les sécrétions sexuelles.

Est-ce qu’indétectable signifie non infectieux?

Il y a de nombreux débats sur l’infectiosité des personnes sous traitement anti-VIH dont la charge virale est indétectable.

En 2008, des médecins spécialistes du VIH en Suisse ont publié une déclaration selon laquelle les personnes dont la charge virale est indétectable (inférieure à 50) ne pouvaient pas transmettre le VIH si elles ont eu une charge virale indétectable depuis au moins 6 mois, si elles suivaient leur traitement anti-VIH correctement et si elles ne souffraient d’aucune autre maladie sexuellement transmissible. Ils ont justifié leur déclaration en indiquant les résultats de plusieurs études africaines montrant que la transmission du VIH ne s’était pas produite parmi les couples hétérosexuels où le partenaire séropositif avait une charge virale basse.

La déclaration a été très controversée. Il existe un consensus comme quoi le traitement réduit le risque de transmission, mais d’autres médecins spécialisés dans le VIH, des chercheurs et des personnes travaillant dans le domaine de la prévention ont soulevé plusieurs objections :

  • La charge virale sanguine peut être différente de la charge virale des sécrétions sexuelle.
  • Les études africaines examinant la transmission ont uniquement observé les couples hétérosexuels stables.  Les résultats peuvent ne pas être applicables à d’autres groupes.
  • Les études africaines ont uniquement posé des questions sur les rapports sexuels avec pénétration vaginale. Le risque de transmission pendant les rapports sexuels avec pénétration anale peut ne pas être le même.

Une charge virale indétectable peut également réduire le risque de transmission du VIH dans d’autres circonstances. Par exemple, au début de 2009, un chirurgien sous traitement anti-VIH dont la charge virale était indétectable a été autorisé à continuer de travailler en Israël.

La transmission de la mère à l’enfant

Les femmes enceintes qui prennent un traitement anti-VIH sont moins susceptibles de passer le VIH à leur bébé que les femmes qui ne prennent pas de traitement.

En effet, le traitement réduit le taux de VIH présent dans l’organisme de la mère et les médicaments anti-VIH peuvent entrer dans l’organisme du bébé ce qui rend difficile l’emprise du VIH.