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Mardi 10 février 2009
Le succès d’un microbicide
Les défenseurs des microbicides sont enchantés de ces résultats, mais les résultats d’une étude plus étendue de PRO2000, attendus plus tard cette année, seront cruciaux pour déterminer les étapes à suivre pour le développement des microbicides.
Dans cette étude, le microbicide PRO2000 a été testé dans une étude clinique à laquelle plus de 3000 femmes ont participé.
Les résultats ont montré que le microbicide réduit de 30% le risque de transmission du VIH, ce qui ne représente pas un résultat statistiquement significatif. Le taux d’incidence du VIH était de 2.7 sur 100 personnes-années parmi les femmes utilisant PRO2000 par rapport à une incidence de 4 sur 100 personnes-années dans les autres bras de l’étude.
Mais lorsque les chercheurs ont répété leur analyse et ont pris en compte le nombre de fois où les femmes n’avaient pas utilisé le gel, les résultats ont montré que l’utilisation de PRO2000 a provoqué une réduction statistiquement significative de 36%du risque de transmission du VIH.
D’autres analyses ont montré que plus les femmes utilisent le gel, et plus le niveau de protection offert est élevé.
Les chercheurs ont également essayé d’examiner l’efficacité de PRO2000 pour prévenir les infections au VIH chez les femmes qui n’utilisaient pas de préservatifs. Ils ont trouvé un taux d’incidence du VIH de 1% chez les femmes dont la méthode de prévention du VIH consistait uniquement à l’utilisation de PRO2000 par rapport à une incidence de 4% chez les femmes qui ont reçu un gel placebo. Ils ont par conséquent conclu que parmi les femmes qui n’utilisaient pas de préservatifs, plus de 75% des infections au VIH semblaient avoir été évitées grâce au PRO2000.
Comment PRO2000 serait-il utilisé? Un des chercheurs de l’étude a suggéré qu’il pourrait représenter « une niche pour les femmes qui n’ont pas d’autres choix ».
Une étude sur des singes montre que les microbicides à base de ténofovir à dose élevé sont très efficaces
Une étude sur des singes a démontré que les gels microbicides contenant, soit du ténofovir seul, soit du ténofovir plus du FTC (emtricitabine) protègent complètement les macaques à queue de cochon contre l’infection au virus d'immunodéficience simien (SIV), un virus semblable au VIH.
Le microbicide a été appliqué localement dans le vagin des singes 30 minutes avant l’exposition au SIV. Ce processus a été répété 20 fois. Aucun des singes n’a été infecté.
La dose de ténofovir était élevée: 30 mg, ce qui, une fois l’équivalent calculé en poids humain, est beaucoup plus élevée que la dose de 40mg actuellement sous observation dans les essais cliniques humains.
Quand commencer le traitement contre le VIH : les études divergent
Les directives sur le traitement contre le VIH, telles que celles de l’Association VIH Britannique - British HIV Association - recommandent de commencer le traitement contre le VIH lorsque le taux de cellules CD4 est aux alentours de 350 cellules/mm3.
Il a été démontré que le traitement commencé à ce niveau réduit non seulement les risques de maladies associées au VIH mais également les risques d’autres maladies graves comme les maladies cardiaques, les troubles rénaux, les maladies du foie et certains cancers.
Certaines études ont suggéré que le risque de maladies pourrait être encore plus réduit si on commençait le traitement à un taux encore plus élevé de cellules CD4, comme par exemple au dessus de 500 cellules/mm3.
Une étude américaine à laquelle 9000 patients ont participé a conclu que les personnes qui commençaient le traitement à un taux de CD4 de 500 cellules/mm3 étaient 60% moins susceptibles de mourir que les personnes qui commençaient le traitement à un taux plus bas de CD4. Cependant, la forme de l’étude n’a pas permis de répondre à une des questions principales: y a t’il une différence significative entre le traitement commencé lorsque le taux de CD4 se trouve entre 350-500 cellules/mm3 et le traitement commencé lorsque le taux de CD4 est supérieur à 500 cellules/mm3?
Plus de 20 000 patients ont participé à une deuxième étude. Celle-ci a conclu que le traitement commencé lorsque le taux de CD4 est supérieur à 450 cellules/mm3 ne réduisait pas les risques de progression vers le SIDA ou la mort. Cependant, elle a démontré qu’il y avait de très nets avantages à commencer le traitement lorsque le taux de CD4 se trouve entre 350 et 450 cellules/mm3 par rapport à un taux entre 250 et 350 cellules/mm3.
Une discussion animée a eu lieu à propos des résultats apparemment contradictoires de ces études et on a suggéré qu’une réponse définitive ne pourrait être atteinte que par le biais d’une grande étude clinique examinant “quand commencer le traitement”.
La charge virale et la transmission
Un des sujets les plus brûlants des douze derniers mois a été la nature infectieuse (ou autre) des personnes sous traitement VIH dont la charge virale est indétectable dans leur sang.
Le débat a commencé il y a un an avec ce qu’on connaît désormais sous le nom de “l’énoncé suisse”. Celui-ci déclarait que les individus sous traitement VIH dont la charge virale était indétectable et qui n’avaient pas d’infection sexuellement transmissible n’étaient essentiellement pas infectieux pour leur partenaire dans le cadre d’une relation hétérosexuelle monogame.
Les auteurs de l’énoncé suisse ont noté que les traitements efficaces contre le VIH maintenaient la charge virale à un niveau indétectable à la fois dans le sang et dans le sperme.
Cependant, deux études présentées à CROI ont indiqué que le VIH peut être indétectable dans le sang mais détectable dans le sperme chez une minorité d’hommes, même lorsque aucune infection sexuellement transmissible n’est présente.
Une étude canadienne, à laquelle 25 hommes ont participé, a trouvé qu’après que la charge virale soit devenue indétectable dans le sang, elle était toujours détectable dans 14% des échantillons de sperme. Des analyses supplémentaires sur l’échantillon de sperme contenant la charge virale la plus élevée a trouvé un virus potentiellement infectieux.
L’étude a également démontré que la charge virale du sperme monte de temps en temps à des niveaux détectables.
Environ un tiers des hommes qui suivaient un traitement anti-VIH de longue durée maintenant leur charge virale sanguine à un niveau indétectable, avaient de temps en temps un VIH détectable dans leur sperme.
Une large étude française a examiné des échantillons appariés de sang et de sperme en provenance de 145 hommes sous traitement VIH. La charge virale était indétectable dans 85% de ces d’échantillons appariés, mais dans 3% des échantillons, le VIH était indétectable dans le sang et détectable dans le sperme. La charge virale de ces échantillons allait de 250 à 1200 copies/ml.
La plupart de ces échantillons détectables représentaient des « anomalies » et les chercheurs français ont trouvé des niveaux satisfaisants de médicaments contre le VIH dans le sperme des patients.
Il y a eu une discussion sur les implications de ces résultats, en particulier si le niveau de VIH découvert dans le sperme impliquait un risque significatif de transmission du VIH. Il y a eu un seul cas de transmission du VIH dans l’étude parisienne, mais celui-ci concernait un patient qui ne prenait pas son traitement correctement.
Cependant, les deux groupes de chercheurs ont conclu qu’une charge virale indétectable dans le sang ne signifiait pas toujours une charge virale indétectable dans le sperme, et qu’un traitement réussi contre le VIH n’élimine pas le risque de transmission du VIH.
Le virus libre et la transmission
Une étude présentée à CROI a examiné les mécanismes de la transmission du VIH entre hommes.
Celle-ci a conclu que le VIH libre, c’est à dire le VIH présent dans le liquide séminal, était responsable de la transmission du VIH entre les hommes. Seuls quatre couples masculins ont participé à cette étude, mais les chercheurs sont certains que la recherche est suffisamment robuste pour avoir des implications beaucoup plus étendues.
La prophylaxie pré-exposition
La recherche a été faite sur 51 macaques rhésus males. Certains ont reçu des doses de Truvada à différents intervalles, et d’autres n’ont reçu aucun traitement. Tous ont été exposés au SIV par voie rectale.
Les résultats de l’étude ont montré que le Truvada pouvait prévenir certaines infections au SIV, même si le médicament était pris trois jours avant l’exposition au SIV et de nouveau deux heures plus tard.
Même lorsque l’infection a pris place, l’utilisation du Truvada semble avoir diminué les dommages causés par le virus sur le système immunitaire.
Les cancers non spécifiques du SIDA chez les individus séropositifs
La plupart de ces cancers semblent être liés à l’infection au papilloma virus humain (HPV), qui peut être responsable des cancers de l’anus et des cancers du col de l’utérus; les cancers de la tête et du cou sont également plus communs.
Les chercheurs ont comparé les risques de cancer parmi près de 19 000 personnes séropositives par rapport à 190 000 individus séronégatifs.
Ils ont trouvé que le taux de cancers liés à l’infection était de 30 sur 10 000 personnes-années chez les personnes séropositives par rapport à 4 sur 10 000 personnes-années chez les personnes séronégatives.
Par rapport aux personnes séronégatives, les risques de cancer de l’anus étaient 80 fois plus élevés chez les personnes séropositives. Les risques de cancers dus à certaines infections étaient également plus élevés, comme par exemple le cancer du foie dû à l’hépatite B ou à l’hépatite C.
Mais les chercheurs ont également observé que les taux de cancers non spécifiques du SIDA avaient diminué de façon significative depuis la disponibilité de traitements contre le VIH efficaces.