Transmission mère-enfant

Le VIH peut se transmettre d'une mère séropositive à son enfant au cours de la grossesse, au moment de l'accouchement ou par l'allaitement maternel. En Europe et au Etats-Unis, entre 15 et 20 % des bébés nés de mères séropositives qui ne suivent pas de traitement anti-VIH, sont infectés. La plupart du temps, on estime que la transmission du VIH se fait plutôt pendant les dernières semaines de la grossesse ou pendant l'accouchement plutôt qu’au début de la grossesse.

Cependant, les risques de transmission mère-enfant peuvent être réduits à 1% grâce à la prise appropriée de médicaments anti-VIH pendant la grossesse et l’accouchement ; en accouchant par césarienne en cas de charge virale élevée ; et en n’allaitant pas.

Les facteurs augmentant le risque de transmission

Un enfant a davantage de chance de contracter le VIH de sa mère si :

  • Elle est à un stade avancé de l'infection au VIH ou du sida.
  • Elle a une charge virale élevée ou un faible taux de CD4.
  • La poche des eaux s’est rompue plus de quatre heures avant l’accouchement.
  • L’accouchement se fait par la voie vaginale (au lieu d’une  césarienne)
  • L'accouchement est difficile (nécessitant une épisiotomie ou l’utilisation des forceps)
  • Elle a une infection génitale telle qu’une maladie sexuellement transmissible, comme la chlamydia.
  • Elle a pris des drogues pendant la grossesse.
  • Elle allaite son enfant.

Devenir séropositive pendant la grossesse peut aussi augmenter le risque.

L’allaitement maternel

Le risque d’infection double si la mère allaite son enfant (environ une chance sur 3). Il est donc conseillé aux femmes de ne pas le faire s’il existe une alternative sans danger au lait maternel. Au Royaume-Uni, le biberon est sans danger pour votre nouveau-né.

Les traitements pour éviter la transmission mère-enfant

Si vous avez un taux suffisamment élevé de cellules CD4, que votre charge virale n’est pas élevée et que vous n’êtes pas malade, les directives britanniques recommandent de commencer à prendre de l’AZT (zidovudine) pendant les trois derniers mois de votre grossesse.  Vous aurez également besoin d’une injection intraveineuse d’AZT pendant l’accouchement et on vous recommande d’accoucher par césarienne plutôt que par voie vaginale. Une autre possibilité est de prendre une association antirétrovirale de courte durée pendant les derniers mois de la grossesse pour faire descendre votre charge virale en dessous de 50 copies/ml. Vous aurez peut-être à ce moment là la possibilité de choisir un accouchement par voie vaginale.

SI vous êtes en bonne santé au début de votre grossesse mais que vous tombez malade à cause du VIH un peu plus tard et que vous soyez obligée de commencer à prendre un traitement antirétroviral, l’objectif doit être alors de réduire votre charge virale à un niveau indétectable. Vous devez continuer votre traitement après la naissance de votre bébé. Votre bébé recevra un traitement d’AZT en sirop pendant quatre semaines après sa naissance.

Si le VIH a endommagé votre système immunitaire de façon significative, ou si votre charge virale est élevée, on vous conseille de prendre un traitement antirétroviral comprenant deux médicaments appartenant à la classe des analogues nucléosidiques (INTI), idéalement AZT et 3TC (lamivudine, Epivir), et soit l’analogue non-nucléosidique (INNTI) névirapine (Viramune) soit un inhibiteur de protéase. Plus votre charge virale est élevé, et plus vous devez commencer le traitement anti-VIH de bonne heure au cours de votre grossesse. Si vous avez une charge virale détectable avant d’accoucher, vous devez accoucher par césarienne. Si votre charge virale est en dessous de 50 copies/ml et qu’il n’y a pas de problèmes apparents vous pourrez peut-être accoucher par voie vaginale. Votre bébé recevra un traitement d’AZT en sirop pendant quatre semaines après sa naissance.

Si vous tombez enceinte lorsque vous êtes sous traitement antirétroviral, on vous recommande de continuer à prendre ce traitement. On vous fera une échographie entre la 18ème et 20ème semaine de votre grossesse pour vérifier s’il y a des anormalités dans le développement de votre bébé. Votre bébé recevra un traitement d’AZT en sirop pendant quatre semaines après sa naissance.

Si vous tombez enceinte lorsque vous êtes sous traitement antirétroviral et que votre traitement ne refoule pas votre charge virale à un niveau indétectable, on vous fera un test de résistance pour déterminer quels sont vos meilleurs choix de médicament et vous devrez changer votre traitement pour ces médicaments.  L’objectif est de réduire votre charge virale à un niveau indétectable au moment de votre accouchement. On vous fera une échographie entre la 18ème et 20ème semaine de la grossesse. Votre bébé recevra un traitement avec un sirop antirétroviral (auquel votre virus n’est pas résistant) pendant quatre semaines après sa naissance.

Si le VIH est diagnostiqué très tard pendant votre grossesse (à 32 semaines ou plus tard), vous devez commencer le traitement antirétroviral immédiatement. Une analyse sanguine sera faite pour déterminer si votre virus est résistant à certains médicaments. Les médicaments les plus souvent utilisés dans ce cas sont l’AZT, le 3TC et la névirapine car ces molécules peuvent traverser le placenta et pénétrer l’organisme de votre bébé. Votre bébé recevra normalement la même association de médicaments (AZT, 3TC et névirapine) en sirops pendant quatre semaines après la naissance.

Si le VIH est diagnostiqué pendant l’accouchement, ou juste après, on vous donnera une dose d’AZT en piqûre et des doses orales de 3TC et de névirapine.  Votre bébé aura également besoin de prendre une association de trois médicaments anti-VIH pendant quatre semaines.

Etant donné les risques de malformations congénitales, vous ne devez pas prendre le médicament anti-VIH efavirenz (Sustiva) pendant la grossesse ou si vous voulez avoir un enfant.

Accouchement par césarienne

Le risque de transmission diminue si l’accouchement se fait par césarienne plutôt que par la voie vaginale. C’est ce qu’on appelle une ‘césarienne élective’. Celle-ci est normalement prévue pour la 38ème semaine de grossesse, ou plus tôt si les contractions commencent avant. La césarienne elle-même peut poser certains risques à la mère.

Si une femme prend un traitement puissant anti-VIH et qu’elle a une charge virale indétectable, ou très basse, au moment de l’accouchement, elle a la possibilité d’avoir un accouchement par voie vaginale.

Les effets secondaires pour le bébé

Jusqu’à présent, il n’y a pas eu chez les enfants nés de femmes ayant pris de l'AZT d’augmentation de malformations congénitales ou de problèmes de croissance. Certaines études ont trouvé que les enfants exposés à l’AZT pour éviter la transmission mère-enfant peuvent souffrir de mutations génétiques subtiles et que celles-ci pourraient augmenter les risques de cancers à l’avenir. Des contrôles supplémentaires sont nécessaires avant de pouvoir tirer des conclusions et les chercheurs qui ont conduits ces études précisent que les avantages du VIH dans la prévention de la transmission mère-enfant l’emportent actuellement sur les risques.

On en sait beaucoup moins sur la sécurité des autres médicaments anti-VIH. Certaines études des femmes enceintes prenant un inhibiteur de protéase ont trouvé un taux de naissances prématurées supérieures à la moyenne, un risque accru d’avoir un bébé pesant moins à la naissance et dans une étude, un très petit risque de malformations congénitales. Cependant, d’autres études n’ont rapporté aucune augmentation dans les naissances prématurées ou les malformations congénitales. Il faut noter qu’une étude étendue a trouvé que les inhibiteurs de protéase n’augmentaient pas le risque de naissances prématurées ou de poids inférieurs à la normale mais que le tabagisme, la consommation d’alcool ou de drogue étaient responsables des naissances prématurées ou des malformations congénitales