Le cycle de vie du VIH

Le VIH est un virus. Les virus sont des germes microscopiques qui ne peuvent pas se reproduire (ou se répliquer) d’eux-mêmes. Ils ont besoin de trouver et d’infecter une cellule qui jouera le rôle de l’hôte grâce auquel de nouveaux virus peuvent être fabriqués.

 Lorsque le VIH est à l’extérieur de la cellule, c‘est ce qu’on appelle un virion et il est enveloppé d’une membrane protectrice. Cette membrane entoure un certain nombre de protéines virales et de matériel génétique. C’est le prototype qui contient toutes les informations nécessaires pour fabriquer de nouveaux virus.

 Les virus peuvent être partagés en deux catégories : ceux dont le matériel génétique est constitué d’ADN et ceux dont le matériel génétique est constitué d’ARN (comme le VIH). Les virus à ARN s’appellent rétrovirus. Le processus reproductif comprend une étape supplémentaire qui n’est pas nécessaire aux virus à ADN.

 

Fusion

Les virus ont souvent une cellule spécifique dans l’organisme de l’hôte (humain, animal ou plante), qu’ils aiment particulièrement infecter. Les cellules principales infectées par le VIH sont celles portant une molécule appelée CD4 à leur surface. On trouve cette molécule CD4 sur les cellules immunitaires, en particulier les lymphocytes T facilitateurs, qui coordonnent le système immunitaire et sur les macrophages qui patrouillent l’organisme pour engloutir les bactéries et autres germes.

 Le VIH pénètre dans ces cellules en s’attachant au récepteur du CD4 grâce à la protéine gp120 qui se trouve à la surface du virus. Une fois que le VIH s’est fixé sur la molécule CD4, il active d’autres protéines se trouvant à la surface de la cellule humaine, les CCR5 et CXCR4 sur les cellules CD4 humaines, afin de finir sa fusion avec la cellule.

 Les molécules anti-VIH conçues pour attaquer cette étape du cycle de vie du VIH s’appellent inhibiteurs de fusion. T-20 (enfuvirtide, Fuzeon) est le seul inhibiteur de fusion actuellement disponible et il marche bien en association avec d’autres médicaments anti-VIH. Son utilisation est réservée aux personnes qui ont déjà pris beaucoup de médicaments anti-VIH dans le passé. Le

T-20 s’attache au virus.

 Des molécules conçues pour arrêter la fusion du VIH avec les récepteurs CCR5 à la surface des cellules sont en cours de développement. Une molécule, le maraviroc (Celsentri) a été homologuée. Un autre médicament similaire qui se montre également prometteur est la vicrivoc. 

Transcription inverse

Une fois que la fusion s’est produite, l’intérieur du virus (l’ARN et quelques enzymes importantes) est absorbé à l’intérieur de la cellule humaine. Une enzyme virale, la transcriptase inverse, réalise le processus nécessaire pour traduire le matériel génétique du VIH (ARN) en ADN.

 Trois classes de molécules anti-VIH prennent cette étape pour cible :

Les analogues nucléosidiques, AZT/zidovudine, ddI/didanosine (Videx), 3TC/lamivudine (Epivir), d4T/stavudine (Zerit), abacavir (Ziagen) et FTC/emtricitabine (Emtriva) ; les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse, efavirenz (Sustiva), névirapine (Viramune) et etravirine (Intelence qui n’est pas encore officiellement homologué) ; et l’ analogue nucléotidique, ténofovir (Viread).

 

Intégration

L’ADN viral nouvellement formé est ensuite intégré à l’ADN de la cellule hôte humaine avec l’aide d’une enzyme : l’intégrase. Ceci permet au VIH de reprogrammer la cellule humaine pour fabriquer plus de VIH. De nouvelles molécules, les inhibiteurs de l’intégrase, qui bloquent cette étape du cycle de vie du VIH, sont actuellement en cours de développement et le raltégravir (Isentress) a été homologué.

Transcription

Au cours de cette étape, les deux chaînes de l’ADN se divisent et forment une nouvelle chaîne d’ARN viral, parfois connue sous le nom d’ARN messagère.

Traduction

Ensuite, les éléments constitutifs de la protéine qui formeront une nouvelle particule de VIH sont assemblés à l’intérieur de la cellule humaine. Ces éléments sont préparés les uns après les autres grâce à la traduction des informations contenues dans l’ARN messagère.

Assemblage viral

Les éléments constitutifs de la protéine sont ensuite coupés en plus petits morceaux par la protéase, une enzyme virale. Ces morceaux forment la structure des nouvelles particules de VIH, y compris chacune des enzymes et des protéines nécessaires à la répétition de ce processus de reproduction. Une fois l’assemblage fini, les nouvelles particules virales bourgeonnent, puis sont libérées dans la circulation sanguine et peuvent aller infecter d’autres cellules. On estime qu’environ 10.3 milliards de nouveaux virions du VIH sont produits tous les jours chez les personnes qui ne prennent pas de traitement puissant contre le VIH.

 Les inhibiteurs de la protéase, l’atazanavir (Reyataz), le darunavir (Prezista), le fosamprenavir (Telzir), l’indinavir (Crixivan), le nelfinavir (Viracept), le ritonavir (Norvir, cet inhibiteur est presque toujours utilisé pour potentialiser les autres inhibiteurs de protéase), le saquinavir (Invirase) et le tipranavir (Aptivus), prennent pour cible cette étape du cycle de vie du VIH.