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Les rapports sexuels oraux

Fiche info révisée en janvier 2009

Les médecins et les chercheurs ne savent pas vraiment combien de personnes ont attrapé le VIH par le biais des rapports sexuels oraux. Certains pensent que presque personne n’ait infecté de cette façon, alors que d’autres pensent qu’environ 3% des infections sont dues aux rapports sexuels oraux. En 2008, les chercheurs ont examiné les indices disponibles et ont calculé que le risque de transmission du VIH de cette façon était très bas, mais qu’il n’était pas égal à zéro.

On sait que les rapports sexuels oraux comportent moins de risques que les rapports sans protection avec pénétration anale ou vaginale.

Rapports sexuels oraux et risques

La probabilité de transmission du VIH d’une personne séropositive à une personne séronégative dépend des types de contact. Le VIH se transmet très facilement lors des pénétrations anales et vaginales non protégées (sans préservatifs), lors du partage du matériel d’injection, et de la mère à l’enfant.

On sait que les rapports sexuels oraux sont moins risqués par rapport à ces pratiques sexuelles, mais ils ne sont pas totalement sans risque. Il faut également rappeler que d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) telles que la syphilis, l’herpès et la blennorragie peuvent se transmettre assez facilement au cours de ces rapports.

Ces dernières années, plusieurs études sur le risque de transmission du VIH au cours de rapports sexuels oraux ont été publiées. Une étude américaine a rapporté que parmi 122 hommes gay séropositifs, 8 % ont signalé n’avoir pour activité sexuelle à risque que des rapports sexuels oraux. Mais cette étude n’est pas très crédible. Le nombre de participants est très petit et par la suite, certains de ces hommes ont finalement admis qu’ils avaient aussi eu des rapports avec pénétration anale non protégés.

Il faut noter qu’une étude n’a trouvé aucun cas de transmission orale du VIH sur une période de dix ans parmi 100 couples dont un seul partenaire était séropositif.

Une autre étude aux Etats Unis, menée auprès des hommes gais a trouvé que le risque était effectivement nul, mais n’a pas exclus sa possibilité.

Les chercheurs ont examiné toutes les études examinant le risque de transmission du VIH par le biais des rapports sexuels oraux. Ils ont conclu que le risque était très bas, mais pas nuls.

A quels moments ces rapports sont-ils le plus risqués ?

Si vous avez une infection sexuellement transmissible non traitée, vous avez plus de chances de passer le VIH lors des rapports sexuels oraux. Le risque de contraction du VIH pendant ces rapports est aussi plus élevé si vous avez des coupures, des aphtes, des abrasions ou des plaies dans la bouche ou sur les gencives, ou si vous avez une infection, y compris une infection sexuellement transmissible, dans la bouche ou dans la gorge provoquant une inflammation.

Une charge virale élevée dans le sang peut signifier que la charge virale est également élevée dans le sperme. Bien qu’il y ait suffisamment d’indices dénotant que les hommes dont la charge virale est indétectable dans le sang ont normalement une charge virale indétectable dans le sperme, ce n’est pas toujours le cas. Des facteurs extérieurs, telle qu’une infection sexuellement transmissible non traitée peuvent faire augmenter la charge virale du sperme. Par conséquent, les médecins pensent qu’il vaut mieux ne pas assumer automatiquement qu’une charge virale basse signifie que vous n’êtes pas infectieux(se). Cependant, les risques de transmission du VIH lors des rapports sexuels oraux sont extrêmement bas si la charge virale est indétectable.

La quantité de VIH dans les sécrétions vaginales varie. Il est possible qu’elle atteigne un pic au moment des règles (menstruations), quand les cellules porteuses du virus se détachent du col de l’utérus et sont susceptibles d’être trouvées dans les sécrétions vaginales, mêlées au sang. Les rapports sexuels oraux seraient par conséquent plus risqués pendant cette période.

Comment réduire les risques

Il existe plusieurs stratégies de réduction des risques liés aux rapports sexuels oraux. Evidemment, certaines d’entre elles sont plus ou moins acceptables selon les individus, et vous seul(e) pouvez décider du niveau de risque que vous êtes prêt(e) à tolérer. Si vous souhaitez discuter de ces questions, demandez à voir un conseiller de santé ou tout autre professionnel médical dans votre centre de soins ou dans un service génito-urinaire. La plupart des stratégies figurant ci-dessous peuvent aussi vous protéger contre d’autres maladies sexuellement transmissibles :

  • Vous pouvez décider que les risques liés aux rapports sexuels oraux sont suffisamment faibles pour ne pas modifier vos comportements sexuels.
  • Vous pouvez choisir de ne pas avoir de rapports sexuels oraux parce que vous ne souhaitez pas courir le moindre risque de transmission du VIH.
  • Vous pouvez décider de réduire le nombre de partenaires sexuels avec lesquels vous avez des rapports sexuels oraux.
  • Vous pouvez décider d’avoir des rapports sexuels oraux protégés par des préservatifs pour les fellations, ou par des digues dentaires (carrés de latex) pour les cunnilingus.
  • Vous pouvez décider de n’avoir que des rapports sexuels oraux « insertifs » (« se faire sucer »), dans la mesure où ceux-ci semblent être plus sûrs que les rapports sexuels oraux réceptifs (« sucer »).
  • Vous pouvez décider de ne jamais éjaculer dans la bouche de vos partenaires et de ne jamais laisser quiconque éjaculer dans votre bouche.
  • Vous pouvez décider d’éviter d’avoir des rapports sexuels oraux avec les femmes au moment de leurs règles.
  • Prenez soin de votre bouche. La probabilité de transmission du VIH lors de rapports sexuels oraux augmente en cas de saignement des gencives, d’aphtes, de coupures ou d’irritation dans la bouche. Evitez de vous brosser les dents et d’utiliser du fil dentaire juste avant d’avoir des rapports sexuels oraux.
  • Faites un bilan de santé sexuelle régulièrement.  Celui-ci permettra d’identifier toute infection sexuellement transmissible (IST), capable d’augmenter la probabilité de transmission du VIH à un partenaire séronégatif ; et de réduire la probabilité de contracter le virus si vous êtes séronégatif.