La résistance

Une fois qu’un individu a contracté l’infection au VIH, de nombreuses souches de virus apparaissent progressivement, avec la reproduction du virus (réplication). Chaque nouvelle génération a de minuscules différences, ou mutations, dans sa structure. Certaines de ces mutations se produisent dans les parties du virus visées par les médicaments anti-VIH. Ceci peut conduire à des souches de VIH moins sensibles au traitement.

Lorsqu’on commence à prendre un médicament contre le VIH, les virus qui sont très sensibles à ce médicament disparaissent rapidement. Il ne reste donc plus que les souches qui peuvent se reproduire malgré la présence du médicament. Avec le temps, ce réservoir à virus contiendra de moins en moins de souches sensibles au médicament et de plus en plus en plus de souches résistantes. Celles-ci ne seront pas forcément capables de nuire à l’organisme.

Il est également important de noter que presque 10% des personnes récemment infectées au Royaume-Uni ont été infectées avec une souche de VIH résistante à au moins un médicament anti-VIH, et que des années après l’infection, ce virus résistant peut continuer à être la forme dominante du VIH, risquant ainsi de limiter les choix de traitement.

Minimiser les risques de résistance

La prise des médicaments anti-VIH exactement comme ils ont été prescrits, en s’en tenant rigidement aux doses et aux horaires recommandés, et en respectant les instructions sur la nourriture, est absolument essentiel. Prendre de trop petites doses (en les ratant ou en les réduisant) pourrait faire chuter le taux de concentration sanguine du médicament, permettant ainsi à la réplication virale d’avoir lieu et augmentant le risque d’émergence d’une résistance.

L’utilisation d’au moins 3 médicaments anti-VIH en même temps retarde la résistance (nous espérons pour toujours) parce que les virus résistants à un des médicaments sont toujours contrôlés par les autres.

Les études ont démontré que le risque de rebondissement de la charge virale est lié au seuil le plus bas sous lequel la charge virale descend à l’initiation du traitement. C’est ce qu’on appelle le nadir. Plus le nadir est bas et plus le risque de rebondissement est bas et par conséquent le risque de résistance. Les personnes dont la charge virale descend et se maintient en dessous du seuil de détection (40 ou 50 copies en utilisant les tests actuels) sont beaucoup moins susceptibles de développer une résistance. Cependant, même chez ces personnes, la résistance peut émerger à long terme.

L’ajout ou le changement d’un seul médicament dans une association qui ne contrôle pas la charge virale, est susceptible de conduire à une résistance médicamenteuse parce que l’effet d’un seul médicament n’est pas suffisant pour bloquer la réplication. Les experts conseillent dans ces circonstances de changer complètement d’association si c’est possible.

Continuer de prendre les mêmes médicaments après l’élévation de votre charge virale continue d’encourager le développement de la résistance. En effet, la résistance à certains médicaments se développe progressivement; avec l’accumulation des mutations, la sensibilité au médicament diminue. Cependant, la résistance aux médicaments émerge à des vitesses différentes. Par exemple, la résistance au 3TC (lamivudine, Epivine), à la nevirapine (Viramune) et à l’efavirenz (Sustiva) émerge très rapidement.

De plus, les personnes dont la charge virale reste élevée ou rebondit, malgré le traitement anti-VIH, peuvent malgré tout avoir un taux de CD4 qui augmente de façon soutenue et une maladie dont la progression est retardée, bien qu’on ne comprenne pas vraiment pourquoi. Quoique la résistance soit une des causes du rebondissement de la charge virale, ce n’est pas la seule raison.

Résistance croisée

Une seule mutation ou un groupe de mutations du virus peut engendrer une résistance à plusieurs médicaments appartenant à la même classe. Ceci signifie qu’une fois qu’une résistance émerge à un médicament, la population de virus peut également être résistante aux médicaments que vous n’avez pas encore pris. C’est ce qu’on appelle la résistance croisée et elle touche toutes les classes de médicaments anti-VIH. Par exemple, si vous devenez résistant(e) à un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI), il est possible que vous soyez résistant(e) à tous les autres inhibiteurs du même groupe. De nouveau, continuer de suivre un régime médicamenteux qui n’arrive pas à contenir la charge virale en dessous du seuil de détection peut conduire à une résistance croisée.

Tests de résistance

Des tests ont été développés qui ont pour objectif de détecter les molécules anti-VIH auxquels vous êtes résistant(e) et votre niveau de résistance à ces molécules. Il est recommandé d’utiliser un test de résistance lorsque le VIH est diagnostiqué, puis lorsque le traitement est initié et enfin à chaque fois qu’une association de médicaments est changée afin de guider la sélection des molécules. Les résultats doivent faire parti du dossier médical du patient. Voir la fiche info de NAM sur les tests de résistance.