La charge virale

La charge virale est le terme utilisé pour exprimer la quantité de VIH présente dans le sang. Plus votre sang contient de VIH, plus votre taux de cellules CD4 diminuera rapidement (ce sont les cellules du système immunitaire qui combattent les infections (voir la fiche NAM sur le taux de CD4)), et plus vous risquez de devenir symptomatique dans les années qui suivent.

 Les résultats du test de mesure de la charge virale sont présentés sous la forme du nombre de particules d'ARN-VIH par millilitre (copies/ml). Une charge inférieure ou égale à 10 000 copies/ml est généralement considérée comme 'faible' et une charge supérieure ou égale à 50 000 copies/ml est considérée comme 'élevée'.

 Il y a plusieurs tests de charge virale en existence en ce moment; chacun utilise une technique différente pour mesurer le nombre de particules de VIH dans le sang. La fiabilité de tous ces tests pour déterminer si la charge virale est élevée, moyenne ou basse est la même. Cependant, chaque test a une limite sous laquelle il ne peut pas détecter de façon fiable le VIH. Pour la plupart des tests, cette limite est désormais de 40 ou 50 copies/ml. Tout prélèvement de sang ayant un taux de VIH inférieur à ce seuil, est dit avoir une charge virale 'indétectable'. Ceci ne veut pas dire qu’il n’y a pas de copies de VIH dans ce prélèvement, mais, seulement, que le nombre de copies présentes est entre 0 et 39 ou 0 et 49.

 Les vaccins et les infections peuvent conduire à une augmentation temporaire de la charge virale et on conseille donc de laisser s’écouler 1 mois après une maladie ou une vaccination avant de mesurer la charge virale.

 Tous les tests ont la même fiabilité pour mesurer les souches de VIH les plus communes en Asie et en Afrique.

 

Les examens de charge virale et les personnes qui ne suivent pas de traitement contre le VIH

Si vous ne prenez pas actuellement de médicaments contre le VIH, votre charge virale sera mesurée au cours de vos visites régulières à la clinique. Celle-ci peut vous donner des indications sur la progression probable de l'infection au VIH si vous ne la traitez pas. Chez les séropositifs qui ont le même taux de CD4, les personnes ayant une charge virale élevée auront tendance à progresser plus rapidement dans la maladie que celles ayant une charge virale faible.

 Au fil du temps, les variations de la charge virale, en association avec d'autres indicateurs tels que le nombre de CD4 et la présence de symptômes liés au VIH, peuvent vous aider à décider s’il faut commencer un traitement contre le VIH ou pas.

 

Contrôle du traitement

Un traitement antirétroviral efficace conduit à une réduction de la charge virale. Si vous débutez un traitement, ou si vous allez changer d'association, votre docteur devra mesurer votre charge virale pour déterminer une valeur de référence avant le début du traitement ou le changement de médicaments. Ce test sera suivi 4 à 12 semaines plus tard par d’autres examens pour mesurer la chute de votre charge virale.

 Chez certaines personnes, le traitement contre le VIH peut faire baisser la quantité de VIH dans l’organisme sous le seuil de détection. Les médecins considèrent qu’une charge virale indétectable doit être l’objectif des traitements. Une charge virale indétectable est désirable car le VIH est moins susceptible de résistance aux médicaments utilisés, et les risques de maladies dues au VIH diminuent.

 La période nécessaire pour atteindre une charge virale indétectable peut varier mais après 6 mois sous votre première association de médicaments, votre charge virale devrait idéalement être descendue à moins de 40/50 copies/ml.

 

Anomalies de la charge virale

De temps en temps, les personnes qui ont une charge virale indétectable peuvent subir de petites augmentations. Ce sont des anomalies et typiquement, la charge virale augmentera du seuil indétectable à 100 ou 200 copies/ml avant de redescendre au niveau indétectable à l’examen suivant. Ceci ne veut pas dire que le traitement ne marche pas. Cependant, une charge virale qui augmente au dessus de 40/50 tout en restant en dessous de 500 copies/ml, et qui se maintient à ce niveau, peut indiquer que le traitement échoue. Si c’est votre cas, parlez avec votre médecin d’un changement de traitement.

Analyses de la résistance

Si votre charge virale augmente au dessus de 200 copies/ml, des analyses de résistance peuvent être faites pour voir à quels médicaments votre virus est devenu résistant. Le VIH qui a développé une résistance à un médicament particulier peut aussi être résistant aux médicaments du même type que vous n’avez pas encore pris. C’est ce qu’on appelle la résistance croisée et une analyse de la résistance devrait également indiquer quels sont les médicaments qui sont toujours efficaces dans votre cas.

 Afin de maintenir le plus grand choix de traitements possibles à l’avenir, certains médecins considèrent que le but du traitement devrait toujours être une charge virale indétectable. Cependant, d’autres médecins disent que, pour certaines personnes, particulièrement celles qui en sont à leur deuxième association ou plus, ce n’est pas forcément possible et que cela pousserait à changer des médicaments qui sont toujours utiles jusqu’à ce qu’il ne reste finalement plus de choix.

 

Charge virale et transmission

Les tests routiniers de charge virale mesurent uniquement la quantité de VIH présente dans le sang et non pas la quantité de VIH présente dans les cellules de l’organisme, le cerveau ou les sécrétions génitales. L’effet des médicaments contre le VIH peut varier à ces endroits, et les infections sexuellement transmissibles peuvent faire augmenter la charge virale et donc les personnes qui ont une charge virale indétectable peuvent rester infectieuses.

 Il y a actuellement beaucoup de discussions sur l’Infectiosité des individus dont la charge virale est indétectable. En janvier 2008, des médecins spécialistes du VIH en Suisse ont publié un article déclarant que, si une personne sous traitement anti-VIH avait une charge virale indétectable depuis au moins six mois, qu’elle prenait son traitement anti-VIH correctement et qu’elle n’avait pas d’infection sexuellement transmissible, elle ne pouvait pas transmettre le VIH à ses partenaires sexuel(le)s. Cependant, de nombreux médecins spécialisés, chercheurs et responsables de la prévention pensent qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour soutenir cette déclaration.