Traitement anti-VIH

Des indications supplémentaires pour commencer le traitement plus tôt?

Les directives de traitement anti-VIH recommandent désormais de commencer le traitement anti-VIH lorsque le taux de CD4 d’un individu se situe autour de 350 cellules//mm3.

Mais, y a t il suffisamment d’indications pour commencer le traitement à un taux de CD4 encore plus élevé?

Des études présentées à CROI suggèrent que c'est bien possible. Les investigateurs ont  examinés le taux de progression de la maladie du VIH et des décès parmi 23 cohortes. Ils ont constaté que le risque de décès chez les individus séropositifs était un plus élevé que dans la population générale, même lorsque le taux de CD4 était supérieur à 350 cellules/mm3.

Plus de 46 000 patients ont été inclus dans l’analyse des chercheurs. Le risque de décès chez les hommes gais était un peu plus élevé que dans la population générale, mais le risque de décès chez les hommes et les femmes hétérosexuels était trois fois plus élevé, et près de dix fois plus élevé chez les toxicomanes qui s’injectent.

Bien que les chercheurs reconnaissent que certains facteurs autres que le VIH puissent expliquer le risque accru de décès chez certains patients, particulièrement chez les toxicomanes, ils ont constaté que le VIH lui-même était la cause du décès, même parmi les patients dont le taux de CD4 était plus élevé.

Les résultats de cette étude semblent susceptibles de contribuer au débat concernant le moment le plus opportun pour commencer le traitement anti-VIH. Certains médecins pensent désormais qu’il y a des avantages à commencer le traitement antirétroviral lorsque le taux de CD4 est de 500 cellules/mm3.

 

Les avantages du traitement immédiat lorsque le patient a une infection

On recommande normalement aux patients souffrant d’une maladie opportuniste associée au VIH de commencer le traitement anti-VIH dès que possible.

L’introduction du traitement anti-VIH alors que le patient suit toujours un traitement pour son infection opportuniste réduit le risque de décès ou de progression plus poussée de la maladie, par rapport à l’attente jusqu’à la fin du traitement de l’infection opportuniste, et n’augmente pas les risques d’effets secondaires, d'après une étude présentée à CROI.

Les chercheurs américains ont comparé deux groupes de patients qui étaient malades à cause du VIH et qui ne suivaient pas de traitement antirétroviral. Un groupe de patients a commencé le traitement antirétroviral et le traitement de l’infection opportuniste en même temps. L’autre groupe a attendu de commencer le traitement anti-VIH jusqu’à ce qu’ils aient fini leur traitement contre l’infection.

Les patients souffrant de la tuberculose n’ont pas participé à cette étude.

En tout, un peu moins de la moitié des patients prenant un traitement anti-VIH immédiat ou retardé n’ont pas progressé dans la maladie et ont réussi à faire descendre leur charge virale à des niveaux indétectables.

Mais des analyses approfondies des résultats ont montré que les patients qui ont retardé le traitement anti-VIH était 50% plus susceptibles de développer une autre maladie indicatrice du SIDA ou de mourir que les patients qui ont pris un traitement immédiatement. Et le taux de CD4 a augmenté plus lentement chez ceux qui ont attendu avant de commencer le traitement.

Commencer le traitement immédiatement n’a pas provoqué de risques additionnels. Il n’y a eu aucune différence entre les deux groupes de patients au niveau de l’observance. Il n’y pas eu non plus de différence au niveau du développement d’un syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire une fois que le traitement a commencé.

 

Les marqueurs biologiques pourraient expliquer le risque des interruptions de traitement

Les patients qui font des interruptions de traitement ont des indicateurs d’une augmentation des inflammations ainsi qu’un dysfonctionnement des parois des vaisseaux sanguins.  Ceci pourrait expliquer les risques accrus de maladies et de décès qui ne sont généralement pas liés au VIH, comme par exemple les maladies cardiaques, rénales ou hépatiques, observées dans l'étude SMART.

Les chercheurs ont examiné les résultats des études SMART et STACCATO sur les interruptions de traitement. Ils ont déclaré à CROI que la réplication du VIH pendant les interruptions structurées de traitement gênait les marqueurs biologiques essentiels, indicateurs des inflammations, de l’élévation de la coagulation sanguine et du dysfonctionnement endothélial, une diminution de la flexibilité des parois des vaisseaux sanguins, un signe précoce de maladie cardiovasculaire.

 

Nouvelles molécules anti-VIH

Le darunavir marche bien chez les enfants habitués au traitement

Le traitement anti-VIH peut bien marcher chez les enfants. Mais il y a moins de médicaments antirétroviraux disponibles pour le traitement des enfants que pour les adultes, ce qui peut être un gros problème car beaucoup d’enfants ont un VIH résistant aux médicaments.

Le darunavir (Prezisata) est un inhibiteur de protéase boosté au ritonavir qui offre un choix essentiel en matière de traitement aux adultes dont le virus est résistant aux médicaments.

Les résultats d’une étude présentée à CROI montrent que le darunavir/ritonaivr est un traitement sûr et efficace pour les enfants et les adolescents qui ont suivis de nombreux traitements anti-VIH.

En tout, 80 enfants âgés de six à 17 ans ont participé à l’étude.  Ils ont reçus les médicaments anti-VIH les plus efficaces, choisis en fonction des analyses de résistance, et du darunavir/ritonavir, dosé d’après leur poids.  Les enfants avaient un virus très résistant aux médicaments anti-VIH.

Mais après six mois de traitement avec une association à base de darunavir/ritonavir, 50% avaient une charge virale inférieure à 50 copies/ml et presque deux tiers avaient une charge virale inférieure à 400 copies/ml.

Un seul patient a arrêté le traitement à cause d’effets secondaires, bien que la plupart des enfants aient rapportés des effets secondaires légers, comme un estomac barbouillé ou de la fièvre.

La recherche signale la perspective d’un médicament anti-VIH à prendre une fois par mois

Le traitement anti-VIH à prendre une fois par mois était considéré comme une percée majeure, mais les chercheurs sont en train de développer un médicament anti-VIH à prendre peut-être qu’une fois par mois.

Un INNTI (Inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse) expérimental, la rilpivirine, a été formulé avec des nanoparticules. Les résultats sur les animaux suggèrent que des injections mensuelles pourraient être suffisantes pour traiter le VIH.

Les chercheurs essaient de découvrir d’autres médicaments qui pourraient être formulés de façon similaire. Ceci signifie qu’un traitement puissant, composé de plusieurs molécules, et à injecter une fois par mois, pourrait être développé.

Cette technologie pourrait également être utilisée pour la prévention du VIH comme prophylaxie de longue durée après l’exposition au virus, ou comme microbicide.

 

VIH et tuberculose

La tuberculose est la cause principale de maladie et de décès chez les individus séropositifs au niveau mondial.

Il faut faire particulièrement attention lorsque les patients tuberculeux commencent le traitement anti-VIH à cause du risque de syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire et à cause des interactions entre certains médicaments antirétroviraux et les principaux médicaments antituberculeux.

Des résultats encourageants ont été présentés à CROI en provenance de l'Afrique du Sud. Une étude a montré que, de façon générale, les personnes séropositives commençant un traitement antirétroviral avec une tuberculose, ne couraient pas plus de risque de décès que les patients non tuberculeux commençant le traitement anti-VIH.

Mais les patients tuberculeux dont le taux de CD4 était très bas ou dont le poids était très bas, avaient un risque de décès plus élevé.

 

News from CROI 2008