Les patients nouvellement diagnostiqués pour le VIH et/ou une IST ont souvent une personne non diagnostiquée pour le VIH dans leur réseau social

Michael Carter
Published: 09 January 2014

Demander aux patients nouvellement diagnostiqués pour le VIH ou une Infection Sexuellement Transmissible (IST) de recruter des contacts dans leur réseau social pour effectuer un dépistage du VIH et des IST est un moyen efficace de détecter des infections non-diagnostiquées jusqu’alors, d’après une étude publiée sur l’édition en ligne du JAIDS (Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes). L’étude a été menée au Malawi. Les patients se sont vu demander de recruter jusqu’à 5 individus appartenant à leur réseau social ou sexuel afin de réaliser un test de dépistage.

« Demander aux patients de recruter dans leur réseau social est faisable, efficace et efficient pour diagnostiquer de nouveaux cas de VIH dans un contexte d’épidémie généralisée », écrivent les auteurs. « Afin d’identifier un nouveau cas d’infection au VIH, seuls 8 à 10 contacts étaient nécessaires. C’est plus efficace encore que le dépistage aléatoire dans la population ».

Approximativement 11% des adultes du Malawi vivent avec le VIH. Mais près d’un tiers des personnes ne sont pas diagnostiquées. Réduire la proportion d’infections non diagnostiquées est alors une priorité de santé publique. Une équipe internationale de chercheurs a souhaité vérifier si le recrutement par le réseau social de patients nouvellement diagnostiqués pour le VIH et/ou une IST était un moyen efficient et efficace d’atteindre des personnes qui n’ont jusque là pas été diagnostiquées de leurs infections.

Ils ont alors élaboré une étude impliquant deux groupes de patients – chacun constitué de 45 individus – qui fréquentaient l’unité d’infectiologie de l’Hôpital Central Kamuzu à Lilongwe au Malawi, entre 2010 et 2012. Le premier comprenait des patients nouvellement diagnostiqués pour le VIH ; le second des individus diagnostiqués pour une IST mais pas pour le VIH. Un bras contrôle de 45 individus non-infectés au VIH ou une IST a également été recruté au sein de la population générale locale.

Les participants étaient âgés de 18 à 45 ans. Ils se sont vu demander de recruter jusqu’à 5 individus dans leur réseau social ou sexuel pour un dépistage du VIH et des IST.

Environ 2/3 des participants étaient des femmes – leur âge moyen était 27 ans.

Les participants ont recruté au total 244 contacts. Environ les 2/3 (69%) des individus recrutés dans la population locale (bras contrôle) ont recruté au moins un contact contre 53% pour les patients du bras IST et 47% pour les participants séropositifs au VIH.

Environ 2/3 (62%) des contacts étaient des amis ou voisins du participant, 18% des membres de la famille, 11% des partenaires sexuels (principalement le/la conjoint(e)) et 8% correspondaient à une autre forme de relation sociale.

La majorité des contacts (64%) étaient des femmes et leur âge moyen 28 ans.

La prévalence du VIH était trois fois plus importante parmi les contacts recrutés par les patients séropositifs au VIH que ceux recrutés par la population générale locale (31% vs. 11%).

Les contacts des patients vivant avec le VIH et ceux vivant avec une IST avaient plus de risques d’être porteurs d’une IST que ceux recrutés par la population générale locale (29% vs. 19% vs. 9%).

Au total, vingt personnes ont été nouvellement diagnostiquées au cours de cette étude. Parmi eux, sept furent recrutés par des patients séropositifs, sept par des patients porteurs d'une IST et six par les personnes du groupe contrôle.

Afin d’identifier une nouvelle personne séropositive au VIH, il a été nécessaire de dépister 8 contacts des patients séropositifs, 10 des patients porteurs d’une IST et 18 des personnes appartenant au groupe contrôle.

Pour identifier une nouvelle IST, six contacts de patients séropositifs au VIH étaient nécessaires, contre 4 pour les patients porteurs d’une IST et 11 pour ceux du groupes contrôle.

L’identification d’un nouveau cas de VIH ou IST nécessitait le dépistage de 4 contacts de patients séropositifs, 3 contacts de patients porteurs d’une IST et 7 contacts du groupe contrôle.

« Les personnes ayant des pratiques à haut risque ont une plus grande probabilité d’être associées à une personnes ayant les mêmes pratiques», écrivent les auteurs. « Même dans un contexte d’épidémie généralisée, le risque de contracter le VIH et une IST se répartie inégalement et se retrouve sous forme de réseaux sociaux en clusters. »

Les investigateurs soulignent que cette étude pourrait avoir un impact fort sur les les stratégies de dépistage du VIH. « Nos résultats invitent à imaginer des stratégies innovantes pour répondre à un besoin pressant de santé publique : identifier les personnes non diagnostiquées pour le VIH et difficiles à atteindre » concluent-ils. « Nous avons démontré que demander aux patients porteurs d’une IST de recruter dans leur réseau social était faisable, efficace et efficient pour identifier cette population. Ces observations défendent l’idée que le recrutement au travers du réseau social permet d’augmenter l’impact global du système de dépistage. Une telle approche est un moyen puissant d’identifier le VIH au sein de populations jusqu’alors difficiles d’accès ».

Référence :

Rosenberg NE et al. STI patients are effective recruiters of undiagnosed cases of HIV: results of a social contact recruitment study in Malawi. J Acquir Immune Defic Syndr, online edition. DOI: 10.1097/000000000000066, 2013.

Translated from the original article Patients newly diagnosed with HIV/STIs often have individuals with undiagnosed HIV in their social network

Traduction par Vincent Leclercq, association AIDES – membre de Coalition PLUS

Community Consensus Statement on Access to HIV Treatment and its Use for Prevention

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