L’Europe de l’est est confrontée à une quadruple épidémie mais ne fait rien pour l’arrêter

Keith Alcorn
Published: 17 October 2013
UN Secretary General's Special Envoy on HIV in eastern Europe and central Asia, Professor Michel Kazatchkine, speaking at the opening plenary session of the 14th European AIDS Conference. Photo by Liz Highleyman, hivandhepatitis,com

Continuant toujours de mettre l’accent sur la situation politique en Europe de l’Est le premier jour de la conférence, les délégués à la séance d'ouverture ont été avisés que l'Europe de l'est est confrontée à une « quadruple épidémie  ». Les taux de VIH, de consommation de drogues injectables, de tuberculose et d’hépatite C continuent de croître de façon alarmante, et pourtant les gouvernements ne prennent aucune mesure.

Selon l’envoyé spécial du secrétaire des Nations Unies en Europe de l’Est et en Asie centrale, professeur Michel Kazatchkine: « si l’épidémie en Europe de l’est n’est pas maîtrisée, ce seront les gouvernement de la région qui porteront la responsabilité de la tragédie humaine qui se déroule dans leurs pays. »

L’épidémie du VIH continue d’augmenter dans cette région, et c’est la seule région du monde où les décès dus au SIDA sont encore en hausse. En même temps, seul 30% des personnes ayant besoin d'un traitement anti-VIH peuvent y avoir accès.

La consommation de drogues injectables est reconnue comme étant l’une des voies principales de transmission du VIH. Dans certains pays, le taux d'hépatites C parmi les consommateurs de drogues injectables atteint de 60 à 80%, et pourtant, presque personne ne peut accéder au traitement. En outre, les individus sont souvent incarcérés pour des infractions mineures relatives à la drogue, et les prisonniers courent alors un risque plus élevé de VIH ou d’exposition à la tuberculose (TB). La région a un des taux les plus élevés de tuberculose au monde, avec un nombre toujours croissant de personnes qui sont également séropositives. Cependant, les taux de dépistage et de traitement pour les deux conditions restent extrêmement faibles.

Environ 40% des infections au VIH de la région sont enregistrées comme « groupe inconnu d’exposition », qui, on le pense, comprennent un nombre élevé de transmissions à la suite de rapports sexuels entre hommes. La consommation de drogues injectables et les rapports sexuels entre hommes sont des comportement qui sont fortement stigmatisés, voir illégaux, dans la région.

Le professeur Kazatchkine a dit que même une augmentation relativement faible de l’accès aux échanges de seringues, au traitement de substitution aux opiacés et au traitement anti-VIH pourrait réduire le nombre d’infections au VIH de façon significative, tant que ces trois approches sont utilisées ensemble.

La plupart des programmes de réductions des risques en place en Europe de l’est sont financés par des donateurs extérieurs à la région, en raison de la résistance politique à faire face à ces nombreux problèmes. Le professeur Kazatchkine a demandé à l’Union européenne de porter son attention sur cette situation en disant que des mesures immédiates pourraient être prises pour améliorer la situation.

Voir l'article intégral sur aidsmap.com (en anglais)

Traductions de Sylvie Beaumont